Avec environ 70 % de la population ouest-africaine vivant dans les zones côtières, la pêche artisanale et l’aquaculture sont des activités essentielles pour près de 5 à 6 millions de personnes, tout en fournissant environ 65 % du poisson destiné à la consommation humaine.
La production halieutique de la région est estimée à environ 2,8 millions de tonnes par an, dont 77 % proviennent des petits pélagiques. Ces espèces, souvent capturées par de petites embarcations de pêche artisanale, sont essentielles à la sécurité alimentaire de la population locale.
Cependant note Demba Yeum Kane, président de l’Association ouest africaine pour le développement de la pêche artisanale (ADEPA), le secteur de la pêche souffre aujourd’hui de nombreuses injustices et menaces.
Les plus gros bateaux de pêche industrielle capture 65% de prises au niveau mondial conduisant parfois à des situations de surpêche et d’effondrement de stock de poissons. De plus des engins de pêche destructeur ainsi que les combustibles fossiles utiliser par ces bateaux de pêche contribue au changement climatique.
Face à cette situation préoccupante, l’Association pour le Développement des Pêches Artisanal (ADEPA) avec le soutien financier de l’Alliance pour la Sécurité Alimentaire en Afrique (AFSA), a mené une étude approfondie sur l’accaparement des océans dans cinq États membres de la Commission sous- régionale de pêche (Gambie, Guinée, Guinée-Bissau, Mauritanie et le Sénégal).
Cette étude vise à identifier les différentes formes d’accaparement, les mécanismes sous-jacents et les conséquences pour les communautés de pêche artisanale.
Pour partager les résultats de cette étude et réfléchir véritablement sur l’avenir de la pêche artisanale fortement menacée, 53 délégués venus d’Afrique de l’Ouest, du Centre, d’Europe et d’Amérique sont réunis à Saly au Sénégal sous le thème ‘’pêche artisanale-agroécologie et plaidoyer contre l’accaparement des océans en Afrique de l’ouest’’.
Un espace pour non seulement prendre connaissance de l’étude élaborer mais de discuter sur les approches de solution pour la durabilité de la pêche artisanale.
Il est de notre devoir aujourd’hui, de nous organiser, de faire entendre notre voix et de défendre les droits et intérêts des communautés côtières. Cet atelier est l’occasion de partager nos expériences, de mettre en commun nos connaissances et de tracer ensemble la voie à suivre pour une meilleure protection des moyens de subsistance des communautés de la pêche artisanale », ajoutent-ils.
Ils soulignent que cet accaparement favorisé par des lois et réglementations est à l’origine de graves conséquences de la pêche pour les États, à l effritement des moyens de subsistance des communautés de pêche artisanale avec des effets dévastateurs sur les emplois et la sécurité alimentaire voire nutritionnelle des populations les plus vulnérables.
Source : La durabilité de la pêche artisanale débattue à Saly – Agridigitale

Laisser un commentaire